Rassemble les écrits majeurs de M. de Andrade, figure centrale du modernisme brésilien, sur la musique. Musicologue et homme de lettres, Andrade y défend la "brésilianisation" de l'art par l'étude de la musique et des danses populaires. Contre l'imitation de l'Europe, il appelle à un nationalisme culturel critique visant à forger une identité artistique proprement brésilienne et populaire.
LE LIVRE
Mário de Andrade est l’intellectuel brésilien le plus important de la première moitié du xxe
siècle. Ses écrits sur la musique populaire du Brésil occupent une place centrale dans son œuvre, formant le
cœur d’un vaste projet intellectuel: remettre la culture populaire brésilienne au centre d’une culture
nationale véritable. L’auteur, musicologue et homme de lettres, développe une réflexion nourrie d’un
malaise profond, celui qu’il éprouve devant le caractère factice et emprunté de la vie culturelle brési-
lienne, dominée depuis la période coloniale par une « imitation servile de l’Europe », qui méprise et
méconnaît le folklore musical du pays. De fait, il souhaite brésilianiser l’art brésilien. Ce qui ne suppose
pas de renoncer aux apports culturels étrangers, mais doit plutôt conduire à réévaluer et redéfinir les
termes de ces emprunts, afin qu’ils servent à construire — et non à entraver — une culture propre-
ment brésilienne. La sélection des textes, proposée pour la première fois en français, a été guidée par
la volonté de présenter au lecteur un panorama cohérent de l’œuvre de l’auteur sur le folklore musical
brésilien, tout en offrant une vue d’ensemble de la musique du pays.
L’AUTEUR
Chef de file du modernisme brésilien, Mário de Andrade (1893-1945) œuvre à une révolution dans la
production artistique de son pays, grâce à l’étude et la diffusion des chants et des danses populaires. Son
travail sur la musique est un acte politique pour que le peuple brésilien tout entier exprime sa pleine
identité dans tous les domaines des arts et de la vie.
EXTRAIT
« Le chercheur devra faire la distinction dans le folklore urbain entre ce qui est virtuellement autochtone,
ce qui est traditionnellement national, ce qui est essentiellement populaire et ce qui relève du popu-
laresco, c’est-à-dire qui est fait à la manière populaire ou influencé par les tendances internationales.
Récuser la musique populaire nationale simplement parce qu’elle ne possède pas de documents fixes,
tout comme récuser la documentation urbaine simplement parce qu’elle est urbaine, c’est ignorer la
réalité brésilienne. »
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