La Passion selon saint Jean, ce chef-d’œuvre de Jean-Sébastien Bach composé en 1724, est-elle une œuvre théâtrale, comme on la joue de nos jours ? Non, répondent Bach et ses proches, qui tous connaissent l’Évangile et ce qu’en a dit Martin Luther, l’instigateur de la Réforme au XVIe siècle : elle est un récit, et même, une prédication en musique, à méditer collectivement. Luther peut-il dès lors être notre conseiller musical ? Outre le texte complet de la Passion selon saint Jean en allemand et en français, ce livre propose aux mélomanes, musiciens et simples curieux des réflexions novatrices sur l’histoire de l’œuvre, son interprétation, sa structure, ses tons, son rythme, ses silences, son éloquence, les pratiques et les conflits esthétiques de l’époque. Comment découvrir ou redécouvrir ce chef-d’œuvre de la culture luthérienne ? C’est très simple : écoutons ce que nous indiquent, par-delà les siècles, les oreilles de Luther.
Agathe Sueur enseigne les lettres en CPGE à Paris. Elle consacre ses recherches à l’éloquence musicale de la Renaissance aux Lumières. Traductrice et spécialiste du théoricien allemand Joachim Burmeister (1564-1629) (Poétique musicale, 2017 et Vie de Joachim Burmeister, 2019, aux éditions Rhuthmos), elle travaille sur l’éloquence du rythme : Le Frein et l’Aiguillon. Éloquence musicale et nombre oratoire (XVIe-XVIIIe siècle) (Classiques Garnier, 2013). Elle écrit aussi de la poésie.
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