Quelle fut la destinataire de ce cycle de lieder «An die ferne Geliebte» («A la bien-aimée lointaine») que Beethoven achèva «en 1816, au mois d’avril», à l’âge de 45 ans? Était-ce cette même femme à laquelle, en 1812, il adressait sa lettre passionnée «À l’Immortelle Bien-Aimée»? La source des textes de Beethoven reste elle aussi incertaine. Seul le nom du poète est attesté: il s’agit d’Alois Jeitteles, jeune médecin et écrivain dont on ne sait rien de précis quant à sa relation avec le compositeur. Mais au-delà de toutes considérations hypothétiques, ces lieder donnent un aperçu émouvant sur l’état psychique de Beethoven qui, après une année difficile, émerge pour retrouver une nouvelle force créatrice.
Ce cycle fut conçu par Beethoven pour voix aigüe. Pour tous les registres plus graves, Henle propose à présent des transpositions pour voix moyennes et graves de cette pièce centrale du répertoire de lieder. Outre la préface passionnante de la spécialise de Beethoven Helga Lühning, l’édition Urtext pratique propose également les paroles du lied dans une traduction en anglais et en français.
|